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30 luglio

Michel Serrault n'est plus

 Voilà un grand du cinéma et du théatre qui s'en va, il me manque déjà. Il est allé rejoindre son ami Poiret

Ci-dessous quelques articles lus sur le web

http://tempsreel.nouvelobs.com/

CINEMA

 Michel Serrault est mort

NOUVELOBS.COM | 30.07.2007 | 06:24

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L'acteur aux trois césars et aux 135 films est mort dimanche soir des suites d'une longue maladie. Il avait 79 ans.

Michel Serrault

Michel Serrault (Sipa)

Michel Serrault est mort dimanche soir des suites d'une longue maladie. Agé de 79 ans, l'acteur s'est éteint à sa résidence de Honfleur, en Normandie, a indiqué sa famille.
Durant plusieurs semaines, Michel Serrault avait été hospitalisé à l'Hôpital américain de Neuilly (Hauts-de-Seine). Il en était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire de Honfleur.

Trois César


Une longue carrière cinématographique, marquée par 135 films, et couronnée par trois César, en ont fait l'un des acteurs français les plus populaires. Il excelle tant dans le registre dramatique que comique, en particulier dans son interprétation d'un des deux homosexuels de "La cage aux folles" d'Edouard Molinaro, en 1978.

http://www.levif.be/

Décès de l'acteur Michel Serrault

30/07/2007 04:23

L'acteur français Michel Serrault est décédé dimanche soir à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie, à sa résidence de Honfleur, en Normandie, a-t-on appris de source proche de la famille.

Michel Serrault avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire de Honfleur, a-t-on précisé de même source.

Une longue carrière cinématographique, avec quelque 135 films, couronnée par 3 César, en ont fait l'un des acteurs français les plus populaires, excellant tant dans le registre dramatique que comique, en particulier dans son interprétation d'un des deux homosexuels de "La cage aux folles" d'Edouard Molinaro, en 1978

LeVif.be avec Belga

http://www.estrepublicain.fr/

Décès de Michel Serrault

L'acteur français est décédé hier soir à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie.

Michel Serrault, décédé hier soir dans sa résidence d'Honfleur, en Normandie, avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire normande.
Un comique parfois sombre. Michel Serrault, l'un des derniers monstres sacrés du cinéma français, connu pour son talent comique mais qui avait également su s'imposer dans des rôles dramatiques. En plus d'un demi-siècle d'une impressionnante carrière, il a joué dans quelque 135 longs métrages (sans parler des téléfilms), sous la direction de Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz. Cinq fois nominé, il a obtenu trois Césars : en 1979 pour son plus grand succès, « La cage aux folles » (d'Edouard Molinaro), 1982 pour « Garde à vue » (de Claude Miller) et 1996 pour « Nelly et Monsieur Arnaud » (de Claude Sautet).

Poiret, le complice


Cet homme au physique de monsieur-tout-le-monde et au caractère fougueux, cabotin, provocateur, franc et chaleureux répétait que le principal souci dans son métier était de ne pas ennuyer le spectateur. Peut-être grâce à cette ambition, il a accumulé une impressionnante galerie de portraits, se glissant avec la même aisance dans la peau de personnages ambigus et dramatiques, du Dr Petiot à Zaza, l'homosexuel excentrique de « La cage aux folles », d'Harpagon à Nestor Burma.
Le public n'a longtemps attendu de lui qu'une seule chose : qu'il fasse rire. Mais, comme tous les clowns qu'il prenait d'ailleurs pour modèles, Michel Serrault était dans le fond assez triste. Il se définissait comme « l'âme de Chaplin sur un corps d'apothicaire ». Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (aujourd'hui Essonne, ex Seine-et-Oise) dans une famille modeste et chrétienne, il entre à 14 ans au petit séminaire. Hésitant entre devenir curé ou clown, il choisit finalement le monde du spectacle.
Il fréquente dès 1949 la fameuse troupe des « Branquignols » de Robert Dhéry et apparaît pour la première fois au cinéma en 1954 dans « Ah ! les belles bacchantes ! » de Jean Loubignac. Avec son complice et ami Jean Poiret (mort en 1992), il monte un fameux numéro de cabaret qui fait les beaux soirs de l'Alhambra, de Bobino ou de l'Olympia. Puis, pendant vingt ans, Michel Serrault accumule les rôles plus qu'il ne les choisit véritablement. Les navets, il les appellait « mes exercices de style ». « Mes auditions, poursuivait-il, je les ai passées à l'écran ». Il retrouve Poiret pour « La cage aux folles » (pièce écrite par ce dernier qui fera plus tard l'objet du film) qu'ils jouent plus de 1.500 fois. « Il n'était pas question de se vautrer dans une farce épaisse et vulgaire. Nous avons prouvé que l'ennui au théâtre n'était pas un mal nécessaire », disait Serrault.

Jouer « les tordus » l'amuse


« Combien tu me manques, Jean. Toi, tu as su tout dissimuler sous le rire. Moi, j'y parviens de moins en moins », a-t-il aussi écrit dans un livre de souvenirs. Au milieu des années 70, ses personnages s'étoffent et on le voit dans des rôles dramatiques comme dans « Pile ou face » (Enrico), « Garde à vue » (Miller), « L'ibis rouge » (Mocky, un de ses grands potes) où il étrangle des femmes. Il dit que jouer « les tordus » l'amuse.
Au théâtre, on le remarque notamment dans « L'Avare » (1986, dirigé par Roger Planchon) et dans « Knock » (1992, mise en scène de Pierre Mondy). « Si on n'a pas d'intention intérieure, les mots ne veulent rien dire. Je voudrais être un passeur, un messager. Je suis contre les acteurs qui se disent humbles serviteurs de l'auteur », disait-il de son métier. A la télé, entre autres prestations, il campe en 2003 pour TF1 un Gaston Dominici plus vrai que nature. Ses cheveux devenus tout blancs et sa silhouette davantage arrondie ne l'empêchaient pas d'intéresser de jeunes réalisateurs qui lui ont fait touner « Belphégor » ou « Une hirondelle a fait le printemps ».
Avec sa femme Juanita, épousée en 1958, ils ont eu deux filles, l'aînée se tuant en 1977 dans un accident de voiture. N'ayant jamais cessé d'être croyant, il restait fort pudique sur sa vie privée. Il passait beaucoup de temps dans sa propriété du Perche et sa maison de Neuilly-sur-Seine où on pouvait encore récemment le voir, en soirée, promener paisiblement son chien.

30/07/07

26 luglio

BRASSENS - Dieu s'il existe

Voilà, je galère avec mon blog, je n'y ai plus accès que en passant par vos commentaires ...

Celà m'ennerve fortement, car je ne peux pas faire ce que je veux.

Ce W.E., je reparts en Lozère, je tenterai de ramener pleins de jolis souvenirs mais en attendant comme la bête m'agace, je vous apporte sous forme de clin d'oeil Brassens pour m'inscrire en faux contre le dieu MSN, qui me prive d'un plaisir bien innocent Agressif.

Par contre vous n'aurez que les paroles puisque je n'ai pas accès au média player Sarcastique 

A bientôt Sourire

 

Dieu s'il existe -  Georges Brassens


Au ciel de qui se moque-t-on?
Était-ce utile qu'un orage
Vînt au pays de Jeanneton
Mette à mal son beau pâturage'.
Pour ses brebis, pour ses moutons,
Plus une plante fourragère,
Rien d'épargné que le chardon!
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Et là-dessus, méchant, glouton,
Et pas pour un sou bucolique,
Vers le troupeau de Jeanneton,
Le loup sortant du bois rapplique.
Sans laisser même un rogaton,
Tout il croque, tout il digère.
Au ciel de qui se moque-t-on?
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Et là-dessus le Corydon,
Le promis de la pastourelle,
Laquelle allait au grand pardon
Rêver d'amours intemporelles,
- Au ciel de qui se moque-t-on? -
Suivit la cuisse plus légère
Et plus belle d'une goton.
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère.

Adieu les prairies, les moutons,
Et les beaux jours de la bergère.
Au ciel de qui se moque-t-on?
Ferait-on de folles enchères?
Quand il grêle sur le persil,
C'est bête et méchant, je suggère
Qu'on en parle au prochain concile.
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère

21 luglio

Jo Cocket - So beautiful

J'ai décidé de vous parler de cet homme que je trouve extraordinairement doué aujourd'hui peut-être à cause du bleu de l'âme qui me fait écouter ce genre de musique en ce moment
J'aime bien ce personnage, ce qu'il dégage, ce qui émane de lui est d'une grande puissance, d'une grande sensibilité le voir est aussi essentiel que de l'entendre

John robert Coocker né à Sheffield dans le Yorkshire à la fin de la seconde guerre mondiale, commence sa carrière réellement en 63 en enregistrant son 1er titre "I'll Cry Instead", une reprise des Beatles( c’est plutôt un bide J ).

Sa carrière décolle vers la fin des années 60 avec l’album dans lequel, il enregistre avec pleins de vedettes anglaise de l’époque.

Pour moi Woostock qui le révèle, j’avais 15 ans j’écoutais cette voix qui m’envoûtait, je ne connaissais pas l’homme. Il fait dès l’année suivante une tournée aux USA avec les « Mag Dogs and englishmen ». Il continue à cartonner outre atlantique alors q’en Europe, il devient invisible (à cause de ses excès ?)

Il remet réellement le pied à l’étrier dans les années 80 avec la bande musicale de « Neuf semaines et demies » « You can leave Your Hat. ». Fin 80 il enregistre un album qui fait un tabac « Unchain My Heart » et depuis, il n’arrête pas, il engrange succès après succès avec cette voix de chanteur de Soul. Il a fait de nombreuses reprises plus top les unes que les autres.

Bref, pour moi  c’est le dieu blanc de la Soul

 

Voici quelques sites

http://musique.ados.fr/Joe-Cocker.html

http://www.cocker.com

http://www.rockozarenes.com/site/fr/program_th.php

http://www.infoconcert.com/html/artiste.php?id=6248 (dates de concerts)

 
 
Joe Cocker - You Are So Beautiful
You are so beautiful to me
You are so beautiful to me
Can't you see
Your everything i hoped for
Your everything i need
You are so beautiful to me

Such joy and happiness you bring
Such joy and happiness you bring
Like a dream
A guiding light that shines in the night
Heavens gift to me
You are so beautiful to me
 
Tu es tellement belle pour moi
Tu es tellement belle pour moi
Ne le vois-tu pas 
Tu es tout ce que j'espérais
Tu es tout ce dont j'ai eu besoin
Tu es tellement belle pour moi
   
Tu apportes tellement de joie et de bonheur
Tu apportes tellement de joie et de bonheur
Comme un rêve
Une lumière qui me guide et qui brille dans le noir
Le paradis m'a été offert
Tu est tellement belle pour moi

Joe Cocker - You are so beautiful 
 
Voici quelques liens d'autres titres que j'aime
 
 
16 luglio

Week-end en Lozère

Ce week-end, je suis allée en Lozère. Contrairement aux jours précédents, les journées ont été merveilleusement ensoleillées. J'ai profité à fond de ces deux jours pour marcher dans cette nature que j'aime tant. Je ne pourrais pas vivre là-bas, j'ai besoin de la ville de ses mouvements et de ses commodités, mais j'ai besoin également de ces espaces immences où je vais marcher et me vider le cerveau, loin des hommes, dans le silence (enfin presque parceque les mouches étaient là par centaines à me tourner au tour  ). J'ai fait plein de photos, je vais vous en commenter quelques unes (la majeure partie dans l'album).

Depuis voilà maintenant plus de 50 ans, nous allons en vacances dans cet endroit. Avec une pause de plus e 20 ans (dûe à la maladie de mon père), nous avons repris nos habitudes il y a 24 ans.
Luz, ma fille avait '-' 3 mois. Dire qu'elle a toujours connu Arzenc n'est pas rien.
Sa grand-mère les a amenées en vacances, ses cousines et elle, tous les ans pendant plus de 10 ans (les 2 mois d'été).
Arzenc voulait dire, pour ces fillettes, liberté ... aventure ... dépaysement ... enfance quoi. Une fois plus grandes elles ont arrêté leurs vacances à Arzenc, mais sont venues chaque année passer quelques jours avec mémé. Et une arrière petite fille a déjà demandé à "mamé "si c'était "vrai que maman quand elle était petite elle venait aussi ici".
Cette année mamé a décidé que c'était la dernière année, elle ne se sent plus sereine seule à Arzenc (village trop isolé et elle trop âgée).
Ces deux jours, j'ai regardé "autrement" ce cadre où je me ressource mais où je ne pourrais pas vivre.
Ce village de quelques âmes carrapaté sur le versant méditerranéen de la montagne, prend le soleil et le temps de vivre. Seules quelques familles continuent de pratiquer une activité agricole, et sans grande chance de reprise par les descendants, le pays se meurt et ne vit en été que grace aux estivans et aux retraités qui reviennent au bercail.
Arzenc est niché en Margeride entre Langogne et Mende, proche de Châteauneuf de Randon où Dusguesclin a laissé sa vie en buvant de l'eau trop froide après avoir mené une âpre bataille contre les anglais.
Au pied du village passe une petite rivière à truite Le chapeauroux.
Au Giraldès, hameau de la commune d'Arzenc, une famille élève les fameux aurochs dont je vous ai déjà parlé.
Face au village, une petite montagne Chantelouve permet de faire des promenades agéables en famille. Les essences présentes sont quelques épineux, fayards, bouleaux, noisetiers ...
Le bord des chemins sont bordés de framboisiers et de plants de myrtilles qui font le bonheur des enfants qui reviennent de promenade avec la langue plus violette que l'encre de nos anciens encriers.
 
En allant un peu plus loin, nous allons à Fortunio ou au relais, Là culmine à environ 1500 m une tour hertzienne qui  est très contreversée, mais que personnellement j'aime bien car elle est mon point de repère pendant mes escapades dans les bois de sapins très denses où je me perds avec délectation en cherchant pignes pour le feu, myrtilles pour les confitures ou encore champignons pour ...la poubelle (je ne les connais pas )
Cet immense espace toujours venté, rempli de myrtilles et de bruyère, culmine au dessus de la forêt de vitrolles, le point de vue est magnifique. Au sud est (?) on voit un lac.
Le lac de Charpal est en fait une retenue d'eau dont le barrage a été bâti après la première guerre mondiale. Depuis peu, les abords du lac ont été aménagés et une boucle d'env 8 kms totalement praticable en famille ceinture cette étendue d'eau.
Voilà, je vous ai fait partagé un peu de cet amour que je porte pour ce petit coin de France. J'espère vous l'avoir fait aimer.
 
12 luglio

Pour ceux et celles que j'aime

Vous écoutez aujourd'hui : Jacques Benoit : Blessures d'enfance 

Pour rencontrer L'histoire de Jacques Cliquez sur---> http://www.jacquesbenoit.ca/
 

Pas le sourire ce soir,

Encore un non lieu .......

Il y a des loups que je deteste
Je ne suis pas pour al peine de mort
Pourtant dans certains cas
Je ne vois pas comment punir
Comment soigner
Tous ces pervers qui détruisent la vie de nos enfants

A tous ceux et celles que j'aime et qui ne viennent pas normalement par ici, mais qui connaissent tous et toutes ma volonté de ne pas me taire et de rabacher jusqu'à ma mort

A Alice, Valou, Steff, Titine, Ambre, Denis, Luz, Opale, Isa, mimi, Dark, Violhaine ..... et tous les autres

Je vous dédie ce billet, je vous dis que je vousaime

Ne laissez pas vos bourreaux gagner Vivez pour les faire creuver !!!

 

Say-C - Il fait froid 

  

Marcel Aymé - Le Loup (5 et fin)

 

Les jours suivants, pour distraire l’impatience où elles étaient de revoir leur ami, et avec une intention ironique qui n’était pas sans agacer leur mère, les petites  imaginèrent de jouer au loup. La plus blonde chantait sur deux notes les paroles consacrées : « promenons-nous dans le bois, pendant que le loup n’y est pas. Loup y es-tu ? M’entends-tu ? Quoi fais-tu ? »

Et Delphine cachée sous la table de la cuisine, répondait : « je mets ma chemise. » Marinette posait la question autant de fois que nécessaire au loup pour passer une à une toutes les pièces de son harnachement, depuis les chaussettes jusqu’à son grand sabre. Alors il se jetait sur elle et la dévorait.

Tout le plaisir du jeu était dans l’imprévu, car le loup n’attendait pas toujours d’être prêt pour sortir du bois. Il lui arrivait aussi de sauter sur sa victime alors qu’il était en manches de chemise, ou n’ayant même pas pour tout vêtement qu’un chapeau sur la tête.

Les parents n’appréciaient pas tout l’agrément du jeu. Excédés d’entendre cette rengaine, ils l’interdirent le troisième jour, donnant pour prétexte qu’elle leur cassait les oreilles. Bien entendu, les petites ne voulurent pas d’autre jeu, et la maison demeura silencieuse jusqu’au jour du rendez-vous.

Le loup avait passé toute la matinée à laver son museau, à lustrer son poil et à faire bouffer la fourrure de son coup. Il était su beau que les habitants du bois passèrent à côté de lui sans le reconnaître d’abord. Lorsqu’il gagna la plaine deux corneilles qui bayaient au clair de midi, comme elles font presque toutes après déjeuner, lui demandèrent pourquoi il était si beau.

 

  • -         Je vais voir mes amies, dit le loup avec orgueil. Elles m’ont donné rendez-vous pour le début de l’après-midi.

  • -         Elles doivent être bien belles, que tu aies fait une si grande toilette.

  • -         Je crois bien ! vous n’en trouverez pas, sur toute la plaine, qui soient aussi blondes.

Les corneilles en bayaient maintenant d’admiration, mais une vieille pie jacassière, qui avait écouté la conversation, ne put s’empêcher de ricaner.

 

  • -         Loup, je ne connais pas tes amies, amis je suis sûre que tu auras su les choisi bien dodues, et bien tendres… ou je me trompe beaucoup.

  • -         Taisez-vous, péronnelle, et s’écria le loup en colère. Voilà pourtant comme on vous bâtit une réputation, sur des commérages de vieille pie. Heureusement, j’ai ma conscience pour moi !

En arrivant à la maison, le loup n’eut pas besoin de cogner au carreau ; les deux petites l’attendaient sur le pas de la porte. On s’embrassa longuement et tendrement encore une dernière fois, car une semaine d’absence avait rendu l’amitié impatiente.

  • -         Ah ! loup, disait la plus blonde, la maison était triste, cette semaine. On a parlé de toi tout le temps.

  • -         Et tu sais, Loup, tu avais raison : nos parents ne veulent pas croire que tu pisses être bon.

  • -         Ça ne m’étonne pas. Si je vous disais que tout à l’heure, une vieille pie…

  • -         Et pourtant, Loup, on t’a bien défendu, même que nos parents nous ont envoyées au lit sans souper.

  • -         Et dimanche, on nous a défendu de jouer au loup.

Les trois amis avaient tant à se dire qu’avant de songer aux jeux, ils s’assirent à côté du fourneau. Le loup ne savait plus où donner de ka tête. Les petites voulaient savoir tout ce qu’il avait fait dans la semaine, s’il n’avait pas eu froid, si sa patte était bien guérie,  s’il avait rencontré le renard, la bécasse, le sanglier.

  • -         loup, disait Marinette, quand viendra le printemps, tu nous emmèneras dans les bois, loin, là où il y a toutes sortes de bêtes. Avec toi, on n’aura pas peur.

  • -         Au printemps, mes mignonnes, vous n’aurez rien à craindre dans les bois. D’ici là, j’aurai si bien prêché les compagnons de la forêt que les plus hargneux seront devenus doux comme des filles. Tenez, pas plis tard qu’avant-hier, j’ai rencontré le renard qui venait de saigner tout un poulailler. Je lui ai dit que ça ne pouvait plus continuer comme ça, qu’il fallait changer de vie. Ah ! je vous l’ai sermonné d’importance ! et lui qui fait tant le malin d’habitude, savez-vous ce qu’il m’a répondu ? « Loup, je ne demande qu’à suivre ton exemple. Nous en reparlerons un peu plus tard, et quand j’aurai eu le temps d’apprécier toutes tes bonnes œuvres, je ne tarderai plus à me corriger. » Voilà ce qu’il m’a répondu, tout renard qu’il est.

  • -         Tu es si bon, murmura Delphine.

  • -         Oh ! oui, je suis bon, il n’y a pas à dire le contraire. Et pourtant, voyez ce que c’est, vous parents ne le croiront jamais. Ça fait de a peine, quand on y pense.

Pour dissiper la mélancolie de cette réflexion, Marinette proposa une partie de cheval. Le loup se donna au jeu avec plus d’entrain encore que le jeudi précédent. La partie de cheval terminée, Delphine demanda :

  • -         Loup, si l’on jouait au loup ?

Le jeu était nouveau pour lui, on lui expliqua les règles, et tout naturellement, il fut désigné pour être le loup. Tandis qu’il était caché sous la table, les petites passaient et repassaient en chantant le refrain : « promenons-nous dans le bois, pendant que le loup n’y est pas. Loup y es-tu ? M’entends-tu ? Quoi fais-tu ? »

Le loup répondait en se tenant les côtes, la voix étranglée de rire :

  • -         Je mets mon caleçon.

Toujours riant, il disait qu’il mettait sa culotte, puis ses bretelles, son faux col, son gilet ? Quand il en vint à enfiler ses bottes, il commença d’être sérieux.

  • -         Je boucle mon ceinturon, dit le loup, et il éclata d’un rire bref. Il se sentait mal à l’aise, une angoisse lui étreignait la gorge, ses ongles grattèrent le carrelage de la cuisine.

Devant ses yeux luisants, passaient et repassaient les jambes des deux petites. Un frémissement lui courut sur l’échine, ses babines se froncèrent.

  • -         … loup y es-tu ? m’entends-tu ? quoi fais-tu ?

  • -         Je monte à cheval et je sors du bois !

 

Alors le loup, poussant un grand hurlement, fit un bond hors de sa cachette, la gueule béante et les griffes dehors. Les petites n’avaient pas encore eu le temps de prendre peur, qu’elles étaient  déjà dévorées. Heureusement, le loup ne savait pas ouvrir les portes, il demeura prisonnier dans la cuisine. En rentrant les parents n’eurent qu’à lui ouvrir le ventre pour délivrer les deux petites. Mais au fond, ce n’était pas de jeu.

Delphine et Marinette lui en voulaient un peu de ce qu’il les eût mangées sans plus d’égards, mais elles avaient si bien joué avec lui qu’elles prièrent les parents de le laisser s’en aller. On lui recousit le ventre solidement avec deux bons mètres d’une bonne ficelle frottée d’un morceau de suif, et une grosse aiguille à matelas. Les petites pleuraient parce qu’il avait mal, mais le loup disait en retenant ses larmes :

  • -         Je l’ai bien mérité, allez, et vous êtes encore trop bonnes de me plaindre. Je vous jure qu’à l’avenir on ne me prendra plus à être aussi gourmand. Et d’abord, quand je verrai des enfants, je commencerai par me sauver.

On croit que le loup a tenu parole. En tout cas, l’on n’a pas entendu dire qu’il ait mangé de petite fille depuis son aventure avec Delphine et Marinette.

 

10 luglio

Marcel Aymé - Le Loup (4)

En un moment, il eut appris à jouer à la main chaude, à la ronde, à la paume placée à la courotte malade. Il chantait avec une assez belle voix de basse les couplets de « compère Guilleri », ou de « la tour, prend garde ». Dans la cuisine, c’était un vacarme de bousculades, de cris, de grands rires et de chaises renversées. Il n’y avait plus la moindre gêne entre les trois amis qui se tutoyaient comme s’ils s’étaient toujours connus.

-         Loup, c’est toi qui t’y colles !

-         Non, c’est toi ! tu as bougé ! elle a bougé..

-         Un gage pour le loup !

Le loup n’avait jamais tant ri de sa vie, il riait à s’en décrocher la mâchoire.

-         Je n’aurais pas cru que c’était si amusant de jouer, disait-il. Quel dommage qu’on ne puisse pas jouer comme ça tous les jours !

-         Mais loup, répondaient les petites, tu reviendras. Nos parents s’en vont tous les jeudis après-midi. Tu guetteras leur départ et tu viendras taper au carreau comme tout à l’heure.

Pour finir, on joua au cheval. C’était un beau jeu. Le loup faisait le cheval, la plus blonde était montée à califourchon sur son dos, tandis que Delphine le tenait par la queue et menait l’attelage à fond de train au travers des chaises. La langue pendante, la gueule fendue jusqu’aux oreilles, essoufflé par la course et par le rire qui lui faisait saillir les coptes, le loup demandait parfois la permission de respirer.

-         Pouce ! disait-il d’une voix entrecoupée. Laissez-moi rire… je n’en peux plus… Ah ! non, laissez-moi rire !

Alors Marinette descendait de cheval. Delphine lâchait la queue du loup et, assis par terre, on se laissait aller à rire jusqu’à s’étrangler.

La joie prit fin les soir, quand il fallut songer au départ du loup. Les petites avaient envie de pleurer, et la plus blonde suppliait :

-         Loup, reste avec nous, on va jouer encore. Nos parents ne diront rien, tu verras…

-         Ah non ! disait le loup. Les parents, c’est trop raisonnable. Ils ne comprendraient jamais que le loup ait pu devenir bon. Les parents, je les connais.

-         Oui, approuva Delphine, il vaut mieux ne pas t’attarder. J’aurais peur qu’il t’arrive quelque chose.

Les trois amis se donnèrent rendez-vous le jeudi suivant. Il y eut encore des promesses et de grandes effusions. Enfin, lorsque la plus blonde lui eut noué un ruban bleu autour du cou, le loup gagna la campagne et s’enfonça dans les bois.

Sa patte endolorie le faisait encore souffrir, mais songeant au prochain jeudi qui le ramènerait auprès des petites,il fredonnait sans souci de l’indignation des corbeaux somnolant sur les plus hautes branches :

« Compère Guilleri »

« Te laisseras-tu mouri… »

En rentrant à la maison, les parents reniflèrent sur e seuil de la cuisine.

-         Nous sentons ici comme une odeur de loup, dirent-ils.

Et les petites se crurent obligées de mentir et de prendre un air étonné, ce qui ne manque jamais d’arriver quand on reçoit le loup en cachette de ses parents.

-         Comment pouvez-vous sentir une odeur de loup ? protesta Delphine. Si le loup était entré dans la cuisine, nous serions mangées toutes les deux.

-         C’est vrai accorda le père, je n’y avais pas songé. Le loup vous aurait mangées.

Mais la plus blonde qui ne savait pas dire deux mensonges d’affilée fit indignée qu’on osât parler du loup avec autant de perfidie.

-         Ce n’est pas vrai dit-elle en tapant du pied, le loup ne mange pas les enfants, et ce n’est pas vrai non plus qu’il soit méchant. La preuve…

Heureusement que Delphine lui donna un coup de pied dans les jambes, sans quoi ekke allait tout dire.

Là-dessus les parents entreprirent tout un long discours où il était surtout question de la voracité du loup. La mère voulut en profiter pour conter une fois de plus l’aventure du Petit Chaperon Rouge, mais aux premiers mots qu’elle dit, Marinette l’arrêta.

-         Tu sais, maman, les choses ne se sont pas du tout passées comme tu crois. Le loup n’a jamais mangé la grand-mère. Tu penses bien qu’il n’allait pas se charger l’estomac juste avant de déjeuner d’une petite fille bien fraîche.

-         Et ouis, ajouta Delphine, on ne peut pas lui en vouloir éternellement au loup…

-         C’est une vieille histoire…

-         Un péché de jeunesse…

-         Et à tout péché miséricorde.

-         Le loup n’est plus ce qu’il était dans le temps.

-         On n’a pas le droit de décourager les bonnes volontés

Les parents n’en croyaient pas leurs oreilles.

Le père coupa court à ce plaidoyer scandaleux en traitant ses filles de têtes en l’air. Puis il s’appliqua à démontrer par des exemples bien choisis que le loup resterait toujours le loup, qu’il n’y avait point de bon sens à espérer de le voir s’améliorer et que, s’il faisait figure d’animal débonnaire, il en serait encore plus dangereux.

Tandis qu’il parlait les petites songeaient aux belles parties de cheval et de paume placée qu’elles avaient faites en cet après-midi, et  à a grande joie du loup qui riait, gueule ouverte, jusqu’à en perdre le souffle.

-         On voit bien, concluait le père, que vous n’avez jamais eu à faire au loup…

Alors, la plus blonde donnait du coude à sa sœur, les petites éclatèrent d’un grand rire, à la barbe de leur père. On les coucha sans souper pour les punir de cette insolence, mais longtemps après qu’on les eut bordées dans leurs lits, elles riaient encore de la naïveté de leurs parents.

09 luglio

Marcel Aymé - Le Loup (3)

Alors le loup se mit en colère parce qu’on  ne voulait pas croire qu’il était bon.

  • -         C’est quand même u peu fort, criait-il, on ne veut jamais entendre la voix de la vérité ! C’est à vous dégoûter d’être honnête. Moi je prétends qu’on n’a pas le droit de décourager les bonnes volontés comme vous le faites. Et vous pouvez dire que si jamais je remange de l’enfant ce sera de votre faute !

En l’écoutant les petites ne songeaient pas sans beaucoup d’inquiétude au fardeau de leurs responsabilités et aux remords qu’elles se préparaient peut-être. Mais les oreilles du loup dansaient si pointues, es yeux brillaient d’in éclat si dur, et ses crocs entre les babines retroussées qu’elles demeuraient immobiles de frayeur.

Le loup comprit qu’il ne gagnerait rien par des paroles d’intimidation. Il demanda pardon de son emportement et essaya de la prière. Pendant qu’il parlait, son regard se voilait de tendresse, ses oreilles se couchaient ; et son nez qu’il appuyait au carreau lui faisait une gueule aplatie, douce comme le mufle de vache.

  • -         Tu vois qu’il n’est pas bien méchant, disait la petite blonde.

  • -         Peut-être, répondait Delphine, peut-être.

Comme la voix du loup devenait suppliante, Marinette n’y tint plus et se dirigea vers la porte. Delphine effrayée, la retint par une boucle de ses cheveux. Il y eut des gifles données, des gifles rendues. Le loup s’agitait avec désespoir derrière la vitre, disant qu’il aimait mieux s’en aller que d’être le sujet d’une querelle entre les deux plus jolies blondes qu’il eût jamais vues. Et en effet il quitta la fenêtre et s’éloigna, secoué par de grands sanglots.

  • -         Quel malheur, songeait-il, moi qui suis si bon, si tendre… elles  ne veulent pas de mon amitié. Je serais devenu meilleur encore, je n’aurais même plus mangé d’agneaux.

Cependant Delphine regardait le loup qui s’en allait clochant sur trois pattes, transi par le froid et par le chagrin. Prises de remords et de pitié elle cria par la fenêtre :

  • -         Loup ! On n’a plus peur… Venez vite vous chauffer !

Mais la plus blonde avait déjà ouvert la porte et courait à la rencontre du loup.

  • -         Mon dieu ! soupirait le loup, comme c’est bon d’être assis au coin du feu. Il n’y a vraiment rien de meilleur que la vie en famille. Je l’avais toujours pensé.

Les yeux humides de tendresse, il regardait les petites qui se tenaient timidement à l’écart. Après qu’il eut léché sa patte endolorie, exposé son ventre et son dos à la chaleur du foyer, il commença de raconter des histoires. Les petites s’étaient approchées pour écouter les aventures du renard, de l’écureuil, de la taupe ou des trois lapins de la lisière. Il y en avait de si drôles que le loup dut les redire deux et trois fois.

Marinette avait déjà pris son ami par le cou, s’amusant à tirer ses oreilles pointues, à le caresser à lisse-poil et à rebrousse-poil. Delphine fut un peu longue à se familiariser, et la première fois qu’elle fourra, par manière de jeu, sa petite main dans la gueule du loup, elle ne put se défendre de remarquer :

  • -         Ah ! Comme vous avez de grandes dents…

Le loup eut un air si gêné que Marinette lui cacha la tête dans ses bras. Par délicatesse, le loup ne voulut rien dire de la grande faim qu’il avait au ventre.

  • -         Ce que je peux être bon, songeait-il avec délices, ce n’est pas croyable.

Après qu’il eut raconté beaucoup d’histoires, les petites filles lui proposèrent de jouer avec elles.

  • -         Jouer ? dit le loup, mais je ne connais pas de jeux, moi.

Marcel Aymé - Le loup (2)

Marcel Aymé - Le Loup (2)

 

Alors le loup poussa un grand soupir qui fit venir les larmes aux yeux de Marinette.

Les petites étaient ennuyées de savoir que le loup avait froid et qu’il avait mal à la patte. La plus blonde murmura quelque chose à l’oreille de sa sœur, en clignant de l’œil du côté du loup, pour lui faire entendre qu’elle était de son côté, avec lui. Delphine demeura pensive, car elle ne décidait rien à la légère.

  • -         Il a l’air doux comme ça, dit-elle, mais je ne m’y fie pas. Rappelle-toi « le loup et l’agneau »… L’agneau ne lui avait pourtant rien fait.

Et comme le loup protestait de ses bonnes intentions, elle lui jeta par le nez :

  • -         Et l’agneau, alors ?... Oui, l’agneau que vous avez mangé ?

Le loup n’en fut pas démonté.

  • -         L’agneau que j’ai mangé, dit-il. Lequel ?

Il disait tout tranquillement, comme une chose toute simple et qui va de soi, avec un air et un accent d’innocence qui faisait froid dans le dos.

  • -         Comment ? Vous en avez donc mangé plusieurs ! S’écria Delphine. Eh bien ! c’est du joli !

  • -         Mais naturellement que n’en ai mangé plusieurs. Je ne vois pas où est le mal… Vous en mangez bien, vous !

Il n’y avait pas moyen de dire le contraire. On venait juste de manger du gigot au déjeuner de midi.

  • -         Allons repris le loup, vous voyez bien que je ne suis pas méchant. Ouvrez-moi la porte, on s’assiéra en rond autour du fourneau, et je vous raconterai des histoires. Depuis le temps que je rôde au travers des bois et que je cours sur les plaines, vous pensez si j’en connais… Rien qu’en vous racontant ce qui est arrivé l’autre jour aux trois lapins de la lisière, je vous ferais bien rire.

Les petites se disputaient à voix basse. La plus blonde était d’avis qu’on ouvrît la porte au loup, et tout de suite. On  ne pouvait pas les laisser grelotter sous la vise avec une patte malade.  Mais Delphine restait méfiante.

  • -         Enfin, disait Marinette, tu ne vas pas lui reprocher encore les agneaux qu’il a mangés. Il ne peut pourtant pas se laisser mourir de faim !

  • -         Il n’a qu’à manger des pommes de terre, répliquait Delphine.

Marinette se fit si pressante, elle plaida la cause du loup avec tant d’émotion dans la voix et tant de larmes dans les yeux, que sa soeur aînée finit par se laisser toucher. Déjà Delphine se dirigeait vers a porte. Elle se ravisa dans éclat de rire et, en haussant les épaules, dit à Marinette consternée :

  • -         Non se serait trop bête !

Delphine regarda le loup bien en face.

  • -         Dites donc, Loup, j’avais oublié le petit Chaperon Rouge Parlons-en un peu du petit Chaperon Rouge, voulez-vous ?

Le loup baissa la tête avec humilité. Il ne s’attendait pas à celle-là. On l’entendit renifler derrière la vitre.

  • -         C’est vrai avoua-t-il, je l’ai mangé, le petit Chaperon Rouge. Mais je vous assure que j’en ai eu bien du remords. Si c’était à refaire…

  • -         Oui, oui, on dit toujours ça.

Le loup se frappa la poitrine à l’endroit du cœur. Il avait une belle voix grave.

  • -         Ma parole, si c’était à refaire, j’aimerais mieux mourir de faim.

  • -         Tout de même, soupira la plus blonde, vous avez mangé le petit chaperon rouge.

  • -         Je ne vous dis pas, consentit le loup. Je l’ai mangé, c’est entendu. Mais c’est un péché de jeunesse. Il y a si longtemps, n’est-ce pas ? A tout péché miséricorde… et puis, si vous saviez les tracas que j’ai eus à cause de cette petite ! Tenez, on est allé jusqu’à dire que j’avais commencé par manger la grand-mère, eh bien ! ce n’est pas vrai du tout…

Ici le loup se mit à ricaner, malgré lui, et probablement sans se rendre compte qu’il ricanait.

  • -         Je vous demande un peu ! Manger de la grand-mère, alors que j’avais une petite fille bien fraîche qui m’attendait pour mon déjeuner ! Je ne suis pas si bête…

Au souvenir de ce repas de chair fraîche, le loup ne put se tenir de passer plusieurs fois sa grande langue sur ses babines en découvrant de longues dents pointues qui n’étaient pas pour rassurer les deux petites.

  • -         Loup, s’écria Delphine, vous êtes un menteur ! Si vous aviez tous les remords que vous dites, vous ne vous lécheriez pas ainsi les babines !

Le loup était bien penaud de s’être pourléché au souvenir d’une gamine potelée et fondant sous la dent. Mais il se sentait si bon, si loyal, qu’il ne voulut pas douter de lui-même.

  • -         Pardonnez-moi,  dit-il ; c’est une mauvaise habitude que je tiens de famille, mais ça ne veut rien dire…

  • -         Tant pis pour vous si vous êtes mal élevé, déclara Delphine.

  • -         Ne dites pas ça, soupira le loup, j’ai tant de regrets.

  • -         C’est aussi une habitude de famille de manger les petites filles ? Vous comprenez, quand vous promettez de ne plues jamais manger d’enfants, c’est à peu près comme si Marinette promettait de ne plus manger de dessert.

Marinette rougit, et le loup essaya de protester :

  • -         Mais puisque je  vous jure…

  • -         N’en parlons plus et passez votre chemin. Vous vous réchaufferez en courant.

08 luglio

Marcel Aymé - le Loup

Le loup (1) - Marcel AYME - Les contes bleus du chat perché

 

Caché derrière la haie, le loup surveillait patiemment les abords de la maison. Il eut la satisfaction de voir les parents sortir de la cuisine. Comme Ils étaient sur le seuil de la porte, ils firent une dernière recommandation.

  • -         Souvenez-vous, disaient-ils de n’ouvrir la porte à personne, qu’on vous prie ou qu’on vous menace. Nous serons rentrés à la nuit.

Lorsqu’il vit les parents bien loin au dernier tournant du sentier le loup fit le tour de la maison en boitant d’une patte, mais les portes étaient bien fermées. De côté des cochons et des vaches, il n’avait rien à espérer. Ces espèces n’ont pas assez d’esprit pour qu’on puisse les persuader de se laisser manger. Alors le loup s’arrêta devant la cuisine, posa ses pattes sur le rebord de la fenêtre et regarda à l’intérieur du logis.

Delphine et Marinette jouaient aux osselets devant le fourneau. Marinette, la plus petite, qui était aussi la plus blonde, disait à sa sœur Delphine.

  • -         Quand on n’est rien que deux, on ne s’amuse pas bien. On ne peut pas jouer à la ronde.

  • -         C’est vrai, on ne peut jouer ni à la rode ni  à la courotte malade

  • -         Ni à la mariée, ni à la balle fondue

  • -         Et pourtant qu’est-ce qu’il y a de plus amusant  que de jouer à la ronde ou à la paume placée ?

  • -         Ah ! Si on était trois…

Comme les petites tournaient le dos, le loup donna un coup de nez sur le carreau pour faire entendre qu’il était là. Laissant leurs jeux, elles vinrent à la fenêtre en se tenant par la main.

  • -         Bonjour, dit le loup. Il ne fait pas chaud dehors. ça pince, vous savez.

La plus blonde se mit à rire, parce qu’elle le trouvait drôle avec ses oreilles pointues et ce pinceau de poils hérissés sur le haut de la tête. Mais Delphine ne s’y trompa point. Elle murmura en serrant la main de la plus petite :

  • -         C’est le loup.

  • -         Le loup ? dit Marinette, alors on a peur?

  • -         Bien sûr, on a peur.

Tremblantes, les petites se prirent par le cou, mêlant leurs cheveux blonds et leurs chuchotements. Le loup du convenir qu’il n’avait rien vu d’aussi joli depuis le temps qu’il courait par bois et par plaines. Il en fut tout attendri.

  • -        

  • -Mais qu’est-ce que j’ai ? pensait-il, Voilà que je flageole sur mes pattes.

A force d’y réfléchir, il comprit qu’il était devenu bon, tout à coup. Si bon et si doux qu’il ne pourrait plus manger d’enfants.

Le loup pencha la tête du côté gauche, comme on fait quand on est bon, et prit sa voix la plus tendre :

  • -         J’ai froid, dit-il et j’ai une patte qui me fait bien mal. Mais ce qu’il y a surtout c’est que je suis bon. Si vous vouliez m’ouvrir la porte, j’entrerais me chauffer à côté du fourneau et on passerait l’après-midi ensemble.

Les petites se regardaient avec un peu de surprise. Elles n’auraient jamais soupçonné que le loup put avoir une voix aussi douce. Déjà rassurée, la plus blonde fit un signe d’amitié, mais Delphine, qui ne perdait pas si facilement la tête, eut tôt fait de se ressaisir.

  • -         Allez-vous-en, dit-elle, vous êtes le loup.

  • -         Vous comprenez, ajouta Marinette avec in sourire, ce n’est pas pour vous renvoyer, mais nos parents nous ont défendu d’ouvrir la porte, qu’on nous prie ou qu’on nous menace.

Marcel Aymé

Ah Marcel Aymé, la jument verte, le passe muraille, les contes du chat perché....

Né en 1902 en région parisienne, ils est élevé (à la mort de sa mère) par ses grands parents maternels dans le jura. Certains de ses romans sont inspirés de cette période. Il eut somme toute une enfance heureuse bien que entâchée par l'intolérence qui l'entoure que ce soit par les luttes cléricaux /  républicains ou encore des moqueries de ses camarades d'écoles qui lui repprochent ses grands parents radicaux.

Il sera toute sa vie durant révolté contre les injustices et l'inolérance.

En 1920, il tombe malade et arrête ses études, il est soingé par sa tante et choyé par sa soeur qui l'incite à écrire un livre. Ce qu'il fait ; La table aux creuvés qui connaît un franc succès et il obtient avec ce titre le prix Renaudot en 1929 .

Pendant la guerre il continue d'écrire des contes (les contes du chat perchés) des novuelles (le passe muraille) desf romans (la vouivre). Il participe en tant que dialoguiste pour plusieurs films .

L'oeuvre de Marce Aymé est parsemé d'ironie et d'humour. Il reste toute sa vie durant attentif a garder son indépendance politique et littéraire. Il meurt en 1967.

C'est un des rares auteurs appris à l'école que j'ai adoré et j'en ai même fait plus que demandé (rire)

Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer ici un conte bleu du chat perché, Le loup !  

 

05 luglio

Dee Dee Bridgewater - Michel Jonaz - Eric Clapton

 

Pour tous ceux et celles qui aiment le Jazz et le blues
 

 

 
 
 
 
 
 

Cuba si

Voici sous une autre forme Ferrat

 
 
 

La nuit quand je m'en vais à rêve découvert

Quand j'ouvre mon écluse à toutes les dérives

Cuba dans un remous de crocodile vert

Cuba c'est chez toi que j'arrive

 

Je rencontre un vieux nègre aux yeux de bois brûlant

Assis devant la mer grain de café torride

Le front dans le soleil il me montre en riant

Là-bas, les côtes de Floride

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Il dit j'ai vu Harlem il dit j'ai vu New-York

Et noir j'avais si peur devant les chiens à nègres

Que j'aurais préféré la peau rose d'un porc

Collée sur ma poitrine maigre

 

Et maintenant Cubain pauvre comme Cuba

Je suis libre et ma femme a la couleur du sable

S'il n'y a rien à manger on danse la conga

Mais les chiens restent sous la table

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

 

Adieu Cuba adieu mon rêve à la peau brune

Mes éperons d'argent sonnent sur tes galets

Et mon cheval rêvé qui renifle la lune

Piétine déjà l'eau salée

 

Que je devienne un jour un vieux singe ridé

Que le ciel de Cuba se brise comme verre

Je sais que l'on peut vivre ici pour une idée

Mais ceci est une autre affaire

 

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba, Cuba sí

Cuba, Cuba... sí

03 luglio

Jacques Higelin - La ballade pour Roger

Auteur, compositeur interprête .... Acteur aussi ... Amoureux de la scène, il débute sur les plaches des cinémas à 14 ans en participant aux concours de chanteurs débutants.

Il fera du cinéma mais sera et est envers et contre tout un chanteur un peu fou et illuminé en apparence, révolté par les injustices de monde, il chantera depuis toujours ce qu'il ressent au plu profond de lui. Avec les années il montrera de plus en plus son côté sensible et romantique, mais il reste lui

Une silhouette fine, les cheveux ébouriffés, Jacques Higelin n’a jamais vraiment changé. Il affiche tout de même la soixantaine au compteur, mais toujours aussi éclatant ...

J'ai choisi la ballade de roger chanson douce amère, extraite de l'album Tombé du ciel qui est pour moi excellent du début à la fin, il reflète tout ce qu'est Higelin

Ballade pour Roger - Jacques Higelin

 

Roger:
Je peux plus dormir
je peux plus rêver
Je suis pas sur demain de me réveiller
On a beau me dire tout ce qu'on voudra
Je ne suis pas sur que demain le jour se lèvera
 
je peux plus dormir
Je peux plus rêver
Tant qu'un ami ou un amour seront enfermés
Tant qu'on laissera une innocence
Derrière les barreaux de la loi du silence
 
je peux plus dormir
je veux pas me coucher
je veux résister jusqu'a ce que je vois le ciel s'éclaircir
Encore une nuit passée seul
A réfléchir
A ne plus supporter
De voir sa gueule dans le miroir de la solitude
 
Roger:
Jai jamais tiré sur personne
J’ai voulu être un perdant qui gagne
20 ans de prison
Encore 10 ans suspendus au dessus de ma tête
Je ne sais même plus si je suis vivant ou mort
 
Marie:
En te perdant j'ai perdu mon âme
Nul être ne m'a fait source d'autant de bonheur
Te souviens tu de ces routes d'Italie
Quand je m'allongeais sur toi regardant le ciel
Et que tu conduisais heureux ton corps chaud contre le mien
 
Roger:
Ré emprisonner depuis 2 ans je tourne dans ma cellule
Jusqu’a épuisement
Le sentiment d'être né en captivité
De ne plus rien ressentir
 
Marie:
Je veux pas perdre ta main
Je veux pas qu'on nous sépare
Je veux pas que mon enfant meurt a force de désespoir
 
Roger:
s'il faut dormir ne plus réver
 
Marie:
C’est long d'être sans toi c'est difficile à vivre
 
Roger:
Se reposer oublier chaque jour qui s'en va
 
Marie:
Je voudrais briser ta cage
 
Roger:
Je veux bien dormir entre tes bras
 
Marie:
Écarter tes barreaux
 
Roger:
Fermer les yeux pour mieux sentir
 
Marie:
Je voudrais que tu vives
 
Roger:
Fermer les yeux pour mieux sentir ton coeur
Qui bat.