Annie's profileAnnie Libre envers et co...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    December 30

    Discussion sur Tueuse - Nathalie Lacourbas

     

    Citer

    Tueuse - Nathalie Lacourbas

    tueuse

     

    Le vingt semptembre dernier, je faisais un rétrolien sur l'espace de Nathalie pour donner un peu de lummière à son roman "Tueuse".

    J’avais dit que je viendrai vous dire ce que j’ai pensé du roman de Nathalie…

    Je viens de le lire, en une semaine. J’ai eu du mal à le lâcher pour aller travailler le matin.

    Faut que je vous précise, je suis perclus de douleurs le matin au reveil, j’ai découvert voici quelques années qu’un bain bien chaud remplaçait avantageusement les cachets d’aspirine. De ce fait tous les matins, je immerge une partie de mon corps dans un bain bien chaud, et je laisse la chaleur agir. Pendant ce temps, je lis…

    Le roman « la tueuse » a donc pris place dans la salle de bain. Au lieu de ne lui conscrer ¼ heure par jour, j’ai dépassé allègrement le temps imparti et suis allée travailler tous les jours avec minimum ½ heure de retard …
    Heureusement ce sont les vacances et il n’y a pas de bouchons donc je perds moins de temps Premier de la classe
    J’ai été happée par l’histoire de Lou, cette jeune femme écorchée vive, étouffée par ses sentiments au point de passer du côté obscur du crime pour essayer d’effacer les horreurs du monde.
    C’est écrit sans artifices ni formules ampoulées.
    Les paragraphes sont courts à l’image du journal qu’il représente, sans longueur sans artifices pour noircir de la page.
    On est pris par l’esprit tourmenté de Lou, dans lequel, on peut se retrouver - tout du moins, j’ai pour ma part ressenti, par moment, très fort une osmose entre les ressentis de l’héroïne et les miens.

    Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture, je relirai ce roman c’est sur.

    L’auteur si elle n’a pas « vécu » ces sentiments, ces colères ou ces dégoûts en a fait tout du moins une étude très forte et très réalise.

     

    J’ai choisi un passage dans lequel Lou et ses amies partent en quête de revenus.

     

    « Longeant les murs, d’un pas souple et silencieux nous imprégnons nos êtres de chaque odeur, chaque effluve. Un petit air frais porte avec lui un doux parfum de terre humide mélangé aux arômes de café et de tabac des terrasses voisines. Nos yeux scrutent des hommes aux cheveux rasés et au corps athlétique car ils seront nos proies. Des voix masculines et braillardes viennent agréablement chatouiller nos tympans nous indiquant que le zinc que nous approchons sera le bon.


    Nous nous installons sur une table voisine et discutons sachant à l’avance ce qui se passera. Je suis en feu, la traque reste un moment crucial dans mon plaisir et même s’ils ne seront pas victimes, ils seront nôtres. Je sens leurs regards brûler chaque parcelle de nos corps et j’aime cela. Un homme s’approche et nous propose à boire. »

     

    N’hésitez pas lisez-le, allez jusqu'au bout, oses. Il en vaut la peine,

    http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=8311

    http://nathalielacourbas.spaces.live.com/blog/

     

     

     

    December 16

    Une dose d'humour et de rêverie

    Une envie de sourire et de rêver, que j’ai envie de partager avec vous, j’espère que ça va vous plaire.

    Quelques casses têtes à résoudre

    Le premier dédicace à Roptier le roi du rébus. Ce sera pour JC ou pour lui d’une simplicité enfantine, ils sont rompus aux jeux de mots. Bon il est somme toute assez simple puisque je l’ai trouvé . Quelle expression se cache derrière cette énigme :

    Il est mort d’une em - - - ie pulmonaire

    Il faut a - - - ir l’esclavage

     

    Un coup de pouce ?

       embolie       Victor-schoelcher


    Bon une énigme de mon enfance, mais que j’aime beaucoup.

    Un passeur doit faire traverser la rivière à un chou, une chèvre et un loup. Il ne peut transporter dans sa barque qu’une chose à la fois. Sachant que le loup mange la chèvre et que la chèvre mange le chou, comment va-t-il faire pour passer tout le monde sur l’autre berge sans dommage ?

    Des bons mots d’enfants relevés par nos chers profs

    Les hommes préhistoriques portaient le nom d’homos comme par exemple les homos sexuels.
    La mortalité infantile était très élevée sauf chez les vieillards.
    Les peintres les plus célèbres étaient Mickey l’Ange et le homard de Vinci.
    Après un accident de voiture on peut être handicapé du moteur.

    Quelques Jeux d’optique avec Le peintre Octavio Ocampo, fantastique il n’y a pas d’autres mots.

    Corp celestes-octavio Ocampo   Corp celestes-octavio Ocampo  

    Don quichotte   Don quichotte

      

    Visage oiseaux   Visage oiseaux

    Je vous en présente celles-ci et d'autres dans l'album photos pour pouvoir les regarder à loisirs en tailles différentes
    Et pour finir, l’on m’a envoyé cette vidéo par email, j’ai adoré et je l’ai même mise sur mon bureau pour pouvoir la regarder sans la chercher dans les moments de blues.

      

    December 10

    Où sont passés mes impôts locaux ?

     

    IMGP5888

     

    Je ne sais pas si vous faites comme moi, mais je me demande à quoi servent les impôts que je paye.

    Certes, ils me donnent pleins d’infos sur la feuille des taxes des surtaxes de taxes de taxes … etc., mais bref je nomme là sans les nommer les fameux impôts locaux !!!

    Alors question constante et incessante :  « C Koi Kon paye avec tout ça !!! »

     

     

    On a les impôts fonciers et la taxe d’habitation  IMGP5901

     

    Les impôts fonciers c’est que pour les propriétaires ou tout du moins les futurs propriétaires car tant que l’on n’a pas fini de payer … et bien on est loin d’être propriétaire !!! On est juste locataire de notre établissement financier qui a eu la largesse … que dis-je  la magnificence !!! De nous avancer le capital manquant - pour signer un acte de propriété  - à un taux préférentiel d’intérêt sur plusieurs décennies

     

    La taxe d’habitation, celle-ci tout le monde y a droit, on a tous touché le tiercé dans l’ordre pour le coup, on gagne à chaque fois … le droit de payer !

     

    Bon on a compris on paye mais on paye quoi ?

    Lorsque l’on est propriétaire, on paye le ramassage et traitement des ordures ménagères certes ! Mais si on est locataire, le propriétaire nous répercute cette taxe alors on paye les taxes sur le traitement des ordures ménagères alors ce n’est pas un peu f..x c.l cette affaire ?

     

    La taxe d’habitation calculée sur une base locative fixée par l’état et sur laquelle, un taux est fixé par  la ville. Et 60% de cet impôt est perçu par la ville les 40% restant vont au conseil régional et au conseil général. Cet impôt sert semble-t-il à financer les routes, les écoles, les complexes sportifs …

     

    Mais moi contribuable lambda !!!

     

    Tous les jours lorsque je regarde dans mon quartier : les nids de poules … les bords de rue sans trottoir pour les piétons … les bas côtes remplis de détritus  - jetés par les mangeurs de fast-food ou de camion pizzas de proximité … Les cannettes jetées les buveurs de bières des postes à essences environnants … etc. - ramassés par les employés municipaux une fois par semaine au mieux.  

     

    Tous les jours je me dis « Où passent mes 75€ ??? »

     

    Alors comme de novembre à janvier, je sais où passe mon argent … N’écoutant que mon courage, je suis montée à l’assaut du centre ville et … je suis allée … voir scintiller mes euros de mille feux dans les milliers d’ampoules qui brillent à travers tout le centre ville pendant les fêtes de fin d’année !!! Je me suis extasiée devant les belles bleues, les belles rouges … !!!

     

    IMGP5859

     

    J’ai déambulé le nez ne l’air, j’ai fait marcher le flash de mon appareil photo jusqu’à tard le soir au milieu des rues remplies de jeunes attendant l’heure d’aller « guincher » et puis je suis retournée dans mon quartier fière d’avoir servi … au réchauffement de la planète et à la production d’énergie nucléaire

     

    IMGP5849

     

    Allez, je vais vous en faire profiter, quant à faire ... (Sourire). 

     

    IMGP5864   IMGP5869

     

    Malgré mes propos magnanimes, sobres et impartiaux, je ne sais si ma chère ville (très chère d’ailleurs) a commencé à lutter pour réduire les dépenses d’énergie connexes aux illuminations de fin d’année.

    Un nouveau matériau électrique appelé « Led », ferait faire une économie d’énergie substantielle entre 60 et 85% et ne produirait aucune chaleur. Le led est d’après ce que j’ai pu comprendre une diode luminescente qui permet, pour 10 fois moins de watt, dégager autant de lumière.

     

    IMGP5881

     

    Certaines villes - comme Reims - ont mis en pratique cette technique (ou ces matériaux, je ne sais) et font des économies et comptent en faire encore pendant les années à venir en élargissant le principe. D’autres -comme Monaco- ont mis l’énergie solaire au service des jeux de lumière. Et 10 heures d’ensoleillement couvrent 10 heures d’illumination … Pas mal …

     

    IMGP5863

     

    En conclusion ; Avec tout ça, le jour où ils auront réduit la facture d’électricité, je ne vais même plus savoir à quoi servent mes impôts en fin d’année !!! C’est trop injuste ….

     

    IMGP5900

    December 08

    Germain Nouveau

    Germain Nouveau

    Né pas loin d’Aix en Provence à Pourrières né 1851, il y reviendra y finir ses jours en 1920.

     

    Germain Nouveau, voulait dans un premier temps devenir prêtre, il commence donc naturellement ses études au petit séminaire d’Aix, on retrouve la religion tout au long de son œuvre. Il fait une court passage dans l’enseignement au lycée de Marseille, puis part à Paris.

    Là il rencontrera d’autres poètes tel que Mallarmé ou Rimbaud. C’est avec ce dernier, qu’il part en Angleterre, ensuite il ira en Belgique ou encore en Hollande. C’est au cours d’un de ces voyages qu’il rencontrera Verlaine avec qui il se liera d’une longue amitié. Il fera une brève incursion au ministère de l’instruction publique qu’il quittera au bout de cinq ans pour reprendre ses voyages qui le conduiront à Beyrouth, Grenoble ou encore Paris. C’est à cette période que sa santé se gâche, il aura de fortes crises mystiques, il sera même interné à Aix. Il reprendra ses voyages en tant que pèlerin totalement démuni à Rome ou à St Jacques. Il revient chez lui en 1911 et y moura en 1920 suite à un jeune.

     

    ConcoursdePeinture2007_tech3

     

    C’est à titre postume que ses écrits seront publiés

     

    J’ai eu beaucoup de mal à faire le choix d’un poème en particulier, alors j’en ai choisi quatre qui à mon sens repérentent bien les différentes facettes de ce poète. Bonne lecture

     

    pourrieres

     

    Pourrières (Premiers poèmes)

    Un vieux clocher coiffé de fer sur la colline.

    Des fenêtres sans cris, sous des toits sans oiseaux.

    D'un barbaresque Azur la paix du Ciel s'incline.

    Soleil dur ! Mort de l'ombre ! Et Silence des Eaux.

     

    Marius ! son fantôme à travers les roseaux,

    Par la plaine ! Un son lent de l'Horloge féline.

    Quatre enfants sur la place où l'ormeau perd ses os,

    Autour d'un Pauvre, étrange, avec sa mandoline.

     

    Un banc de pierre chaud comme un pain dans le four,

    Où trois Vieux, dans ce coin de la Gloire du Jour,

    Sentent au rayon vif cuire leur vieillesse.

     

    Babet revient du bois, tenant sa mule en laisse.

    Noir, le Vicaire au loin voit, d'une ombre au ton bleu,

    Le Village au soleil fumer vers le Bon Dieu

     

    femme_enceinte_ISPA

     

    Les hôtesses (La doctrine de l’amour)

    Quand vous coulant au bas de vos lits d'accouchées

    Après les affres du premier enfantement

    Vous vous dressez enfin, vous sentant allégées

    Comme un arbre où saignait un fruit mûr, lourdement ;

     

    Que dans votre miroir, Mères, Eves maudites,

    Votre ombre frêle et pâle encore du danger

    Vous fait prendre en horreur nos enfances, proscrites

    D'un geste, et s'effarant d'un sourire étranger ;

     

    Tandis que vous traînez, mornes, vos cicatrices,

    Dieu nous voit blancs d'un lait revomi par ruisseaux,

    L'âme et le front navrés du baiser des nourrices,

    Miaulant au roulis d'impassibles berceaux.

     

    Or, grandis dans l'orgueil d'avoir des coeurs si tristes,

    Plus tard, après l'avoir respirée en chemin,

    Ô femme, dans le vent plein d'adorables pistes,

    Tu n'as tendu qu'un doigt à toute notre main.

     

    Car, ô mortelle, enfant belle comme la Terre,

    Tu ne peux attirer dans ta nuit, sans que dans

    L'entrelacement nu de ta caresse amère

    Luise toute la bête en l'éclair de tes dents.

     

    Mais comme une qui tue et qui n'est pas méchante,

    Tu souriras toujours, ne pouvant écouter,

    Pour tous les noirs baisers où notre âme déchante,

    Dans le ciel qui s'enfuit nos anges sangloter.

     

    Ah ! nous la demandons toujours, la bonne

    Hôtesse, La vraie, et dont le geste est sûr, toute au passant

    Qui marche en la stupeur de la forêt traîtresse,

    Les cheveux en sueur et les doigts lourds de sang ;

     

    Chez qui coulent des flots de bonté merveilleuse

    Et les vins rares sur la nappe, où le sommeil

    Blotti dans un parfum de lessive rieuse

    Se berce d'une ivresse encor verte au réveil ;

     

    Où tu ne pèses pas, ô main, ce que tu donnes ;

    Où, sur tes fruits charmants comme des fleurs, la faim

    S'oublie en un verger aux trésors en couronnes

    Et sous le soleil mûr d'un automne sans fin.

     

    Mais, puisque c'est en vain, ô nos bouches, crieuses

    D'infini, dont la voix, comme un oiseau de feu,

    Emporte au ciel l'amour des foules furieuses,

    Ah ! puisque Dieu sans doute existe, mais si peu !

     

    Viens, toi, la plus affreuse et pourtant la meilleure,

    Trop méconnue au temps où l'on était petit ;

    Ô Mort, dernière Hôtesse, est-ce pas qu'il est l'heure

    Ta mort bâille comme en un morne appétit.

     

    Dérobe-nous, tes fils sont las, surtout des roses,

    Pas de tout, certe, et vieux d'aller et d'espérer ;

    Donne, ô Mort, ton sommeil aux sombres amauroses

    Et que l'aube et ses coqs ne sauraient déchirer.

     

    P_0_6501_3721_1197098215

     

    Le verre (Les Valentines)

    Madame, on m'a dit l'autre jour

    Que j'imitais... qui donc ? devine ;

    Que j'imitais Musset : le tour

    N'en est pas nouveau, j'imagine.

     

    Musset a répondu pour nous :

    " C'est imiter quelqu'un, que diantre !

    Écrit-il, que planter des choux

    En terre... ou des enfants... en ventre. "

     

    Et craquez, corsets de satin !

    Quant à moi, s'il me faut tout dire,

    J'imite quelqu'un, c'est certain,

    Quelqu'un du poétique empire.

     

    Je m'élance sur son chemin

    Avec la foi bénédictine ;

    Cherchez dans tout le genre humain.

    Eh ! bien... c'est elle, Valentine.

     

    On ne peut copier son air,

    Ses propos et son moindre geste,

    Mais son coeur ! mais son esprit fier !

    Je peux attendre pour le reste.

     

    Ça me conduira qui sait où ?

    Je crois être elle, ma parole !

    Au lieu de dire : je suis fou,

    L'autre jour j'ai dit : je suis folle !

     

    Ma personnalité, ma foi !

    S'est envolée ; et ceci même,

    Mes vers sont d'elle et non de moi,

    Si toutefois elle les aime ;

     

    Ce serait par trop hasardeux

    Que de mettre tout un volume

    Sur son dos ; si nous sommes deux,

    Je suis seul à tenir la plume !

     

    Oh ! bien seul ! ne confondons pas,

    Je suis parfaitement le maître ;

    Car des fautes ou de faux pas

    Elle ne saurait en commettre.

     

    Vous voyez, c'est bien différent

    De ce que racontait l'histoire.

    Ah ! Si son verre était moins grand,

    J'aurais voulu peut-être y boire...

     

    Il est bien grand, en vérité !

    Ne croyez pas que je badine ;

    Je boirai donc à sa santé,

    Dans le Verre de Valentine

     

    mains2

     

    Les mains (Poésies d’Humilis)

    Aimez vos mains afin qu'un jour vos mains soient belles,

    Il n'est pas de parfum trop précieux pour elles,

    Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux,

    Il n'est pas d'instruments trop délicats pour eux.

     

    C'est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;

    Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins,

    Au jardin de la chair ce sont deux fleurs pareilles,

    Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.

     

    Il circule un printemps mystique dans les veines

    Où court la violette, où le bluet sourit ;

    Aux lignes de la paume ont dormi les verveines ;

    Les mains disent aux yeux les secrets de l'esprit.

     

    Les peintres les plus grands furent amoureux d'elles,

    Et les peintres des mains sont les peintres modèles.

     

    Comme deux cygnes blancs l'un vers l'autre nageant,

    Deux voiles sur la mer fondant leurs pâleurs mates,

    Livrez vos mains à l'eau dans les bassins d'argent,

    Préparez-leur le linge avec les aromates.

     

    Les mains sont l'homme, ainsi que les ailes l'oiseau ;

    Les mains chez les méchants sont des terres arides ;

    Celles de l'humble vieille, où tourne un blond fuseau,

    Font lire une sagesse écrite dans leurs rides.

     

    Les mains des laboureurs, les mains des matelots

    Montrent le hâle d'or des Cieux sous leur peau brune.

    L'aile des goélands garde l'odeur des flots,

    Et les mains de la Vierge un baiser de la lune.

     

    Les plus belles parfois font le plus noir métier,

    Les plus saintes étaient les mains d'un charpentier.

     

    Les mains sont vos enfants et sont deux soeurs jumelles,

    Les dix doigts sont leurs fils également bénis ;

    Veillez bien sur leurs jeux, sur leurs moindres querelles,

    Sur toute leur conduite aux détails infinis.

     

    Les doigts font les filets et d'eux sortent les villes ;

    Les doigts ont révélé la lyre aux temps anciens ;

    Ils travaillent, pliés aux tâches les plus viles,

    Ce sont des ouvriers et des musiciens.

     

    Lâchés dans la forêt des orgues le dimanche,

    Les doigts sont des oiseaux, et c'est au bout des doigts

    Que, rappelant le vol des geais de branche en branche,

    Rit l'essaim familier des Signes de la Croix.

     

    Le pouce dur, avec sa taille courte et grasse,

    A la force ; il a l'air d'Hercule triomphant ;

    Le plus faible de tous, le plus doux a la grâce,

    Et c'est le petit doigt qui sut rester enfant.

     

    Servez vos mains, ce sont vos servantes fidèles ;

    Donnez à leur repos un lit tout en dentelles.

     

    Ce sont vos mains qui font la caresse ici-bas ;

    Croyez qu'elles sont soeurs des lys et soeurs des ailes :

    Ne les méprisez pas, ne les négligez pas,

    Et laissez-les fleurir comme des asphodèles.

     

    Portez à Dieu le doux trésor de vos parfums,

    Le soir, à la prière éclose sur les lèvres,

    Ô mains, et joignez-vous pour les pauvres défunts,

    Pour que Dieu dans les mains rafraîchisse nos fièvres,

     

    Pour que le mois des fruits vous charge de ses dons

    Mais ouvrez-vous toujours sur un nid de pardons.

     

    Et vous, dites, ô vous, qui, détestant les armes,

    Mirez votre tristesse au fleuve de nos larmes,

    Vieillard, dont les cheveux vont tout blancs vers le jour,

    Jeune homme, aux yeux divins où se lève l'amour,

    Douce femme mêlant ta rêverie aux anges,

     

    Le coeur gonflé parfois au fond des soirs étranges,

    Sans songer qu'en vos mains fleurit la volonté,

    Tous, vous dites : « Où donc est-il, en vérité,

    Le remède, ô Seigneur, car nos maux sont extrêmes ? »

     

    - Mais il est dans vos mains, mais il est vos mains mêmes

     

    Photos du net

    Quelques liens

    http://www.evene.fr/celebre/biographie/germain-nouveau-2442.php

    http://trets.free.fr/actu/Retro2007/concours2007/concourspeinture2007.htm

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/livre-ecrit_1036/collection-textes_5281/florilege-poesie-francaise_5282/les-auteurs-a-z_5659/germain-nouveau_5760/

     

    http://trets.free.fr/actu/Retro2007/concours2007/concourspeinture2007.htm

    http://www.pourrieres.fr/

     

     

     

    December 02

    Le temps qui passe

    La pasionaria La pasionaria


    Mesdames, messieurs adeptes de la chirurgie esthétique,

    je ne vous juge pas, simplement j’aime les rides les traces qu’elles laissent,

    les histoires qu’elles racontent, la vie que l’on devine derrière ses sentiers tracés par les stylets du temps,

    des sculptures chaque jours façonnées par les joies et les peines, le soleil, le vent, la pluie.

    J’aime ce temps qui montre avec poésie l’âme de l’autre.


    Bien sûr, vont avec les maux de l’âge,

    les douleurs au réveil  des membres endoloris qui ont du mal à se déplier et qui chaque jour apportent son lot de résignation et de patience pour vaquer avec toujours plus de lenteur.


    Mais cela est compensé par tous ces moments vécus Tous ces beaux souvenirs,

    parfois moins beaux voire tristes,

    mais qui font ce que nous sommes et que nous devenons.


    La douceur, la malice ou encore le courroux d’un regard, remplacent avantageusement les expressions gestuelles ou les verbiages incessants d’une jeunesse qui a tout à prouver.


    Puis après doucement, jour après jour, imperceptiblement pour un œil non aguerri commencent à apparaître les toussotements du moteur, fatigue, absences, omission, lenteur exagérée…
    tous ses petits signes qui exaspèrent les proches qui croient que l’autre le fait exprès.

    Les réflexes se perdent, le désintérêt,
    la perte d’intelligence entrent en scène.
    Le regard perd de son expression,
    il est souvent dans le vague dans un rêve un ailleurs que l’on ne peut atteindre,
    il s’agit en fait d’un regard « perdu ».

    La mémoire fait défaut la reconnaissance se perd.
    Les noms des moins proches ou de ceux rencontrées récemment s’effacent.
    On s’inquiète, on fait des tests, des examens, des prises de sang.

    Mais tout va bien… Le médecin traite pour ralentir le processus,
    mais rien ne peut être fait.
    La science fait des avancées,
    elle nous donne la possibilité de toujours vivre plus longtemps, elle vous fait durer.

    Les modifications des conditions de vie,
    font que la durée de vie s’est énormément allongée
    On vit vieux, même très vieux.
    Mais on ne peut arrêter l’usure du temps.

    Aujourd’hui elle m’a dit dans une immense douceur
    « je suis fatiguée, je n’ai plus envie de continuer, j’ai fait mon temps. Maintenant faudrait que ça finisse vite J’ai vécu tout ce que j’avais à vivre, ça ne m’intéresse plus ».

    Aujourd’hui, j’ai eu un immense chagrin.
    En même temps je peux comprendre cet état d’esprit.
    Celle qui de temps à autre ne sait plus qui je suis
    se rend compte qu’elle dérape,
    elle n’a pas peur de la fin
    elle a peur de cette dégradation qui fait que
    parfois elle ne sait pas si elle doit m’appeler « Maman » ou « Annie »’.

    Aujourd’hui j’ai un coup de spleen
    car celle que j’appelle maman a concrétisé cette peur
    que j’ai de la voir se désintégrer intellectuellement,
    mais je ne peux m’empêcher de me dire
    que le manque sera terrible et le vide irremplaçable.

    Mais moi aussi ma petite maman,
    j’ai envie que ça s’arrête vite,
    tu ne mérites pas de devenir une autre dépendante des autres.
    Je t’aime maman et je crois que je préfèrerai te pleurer morte que sénile
    Mais j'ai cependant peur de cette fin inéluctable d'un partage et d'un amour de plus de cinquante ans

    La pasionaria La pasionaria

     

    Dans le net, j'ai trouvé un très beau texte que je vous invite à aller lire
    http://www.chezmaya.com/sc/qui-vois-tu.htm
    220529